Différentes manières existent de reproduire des végétaux, le semis, la bouture par exemple. Mais d’autres méthodes peuvent être utilisées, comme la division et le marcottage, parfois mieux appropriées. Connaître les différentes formes végétatives permet de mieux choisir le mode de multiplication.
1.
Division de rhizome
Éclat de racine

Le rhizome est « une tige » souterraine horizontale pérenne qui porte à la fois les racines et les tiges aériennes (non persistantes). Il permet à la plante vivace de se multiplier et de coloniser l’espace.
Méthode pour les plantes à gros rhizomes
Pour les plantes ayant un gros rhizome (type iris), il vous suffit de les déterrer après leur floraison, d’ôter le maximum de terre et de séparer les individus les uns des autres. Lorsque vous avez un rhizome en main, divisez le en veillant à ce que chaque partie ait des racines et un départ de tige au moins. Vous pouvez vous munir d’un couteau ou d’un sécateur pour vous faciliter la tache.

Méthode pour les plantes à longs rhizomes

D’autres plantes comme les menthes, la mélisse, le muguet… peuvent se multiplier aussi par leurs rhizomes, qui sont moins impressionnants par leur taille mais beaucoup plus longs. Pour se faire, déterrez un morceau de la plante, prélever des rhizomes sains et vigoureux d’environ 15cm et venir les enterrer dans une autre partie du jardin, ou en pot à environ 10cm de profondeur. Arrosez et patienter. Bientôt des tiges apparaitront.
L’éclat de racine pour les plantes les plus vigoureuses.
Des vivaces vigoureuses, non persistantes, pourront être tout simplement multipliées grâce à un morceau de racine enterré. C’est le cas du Raifort, de la Grande aunée, de la Verge d’or ou de la consoude…
Pour ce faire, déterrer la plante, prélever une partie de sa racine que vous viendrez couper en tronçon à l’aide d’un sécateur pour obtenir des morceaux d’environ 7 cm ou plus. Enterrer ces morceaux à l’endroit choisi, arroser et patienter !

Périodes
Ces techniques se pratiquent à la sortie d’hiver, début du printemps, sauf pour les plantes à gros rhizomes (type iris) qui ont lieu après floraison, fin de l’été.
2.
La division de bulbe et corme

Les plantes à bulbe, se multiplient à partir de cet organe végétatif. Après la deuxième année d’implantation, vous pouvez venir les déterrer pour les séparer après leur floraison, lorsque les tiges sont fanées. Attention à ne pas les abîmer lorsque vous les déterrez. Prélever les sujets les plus gros et replanter les ailleurs dans le jardin. En général, il faut les planter à 2 ou 3 fois leur hauteur. Mais certaines plantes, comme les lys Madone, doivent être plantées très peu profondément.

3.
La division des tubercules, racines tubérisées et plateaux souterrains

Il existe différentes sortent de tubercules, mais une règle est commune à tous, pour qu’une multiplication marche, il faut toujours un bourgeon viable ou une jeune pousse !

Chez les Dalhia, un tubercule entier, sain et vigoureux est associé à un bourgeon (oeil), il faut donc prendre soin de ne pas les dissocier lorsque vous venez diviser la plante. Faites sécher la plaie, puis mettez le tubercule en terre. Si vous pratiquez cette division sur une plante gélive, au début du printemps, fin de l’hiver, la mettre en pot, à l’abri et attendre qu’elle ait raciné avant de la mettre en pleine terre.
Mais, chez le tubercule de la pomme de terre, c’est une autre histoire. Plusieurs bourgeons sont sur un même sujet. Déterrez les tubercules et à l’aide d’un couteau bien affuté et préalablement désinfecté, couper les tubercules en plusieurs morceaux, en prenant soin d’avoir un bourgeon viable ou une jeune pousse. Faites sécher la plaie pour éviter les maladies et le pourrissement, ou saupoudrez la de cendre de charbon de bois. La mettre en terre, arrosez et attendre.

4.
La division de touffe

Périodes
La division de touffe est à réaliser au printemps ou à l’automne.
Matériel et étapes
La plante doit tout d’abord être suffisamment grosse pour pouvoir réaliser une telle multiplication. Elle doit au moins avoir 2 ans si elle est en pleine terre. Selon la taille du sujet, diviser en deux ou plus le pied.
Cette division se réalise à l’aide d’une bêche bien affûtée si la plante est imposante et en pleine terre, à l’aide de vos mains, après avoir déterré la motte, pour les plantes en rosette de moindre taille ou à l’aide d’un couteau bien aiguisé, principalement pour les plantes en pot qui ont un chevelu racinaire important.

L’objectif de l’opération est que les parties divisées aient des racines. Transplantez les dans un sol humifère et léger et venir bien les arroser afin d’avoir une bonne reprise.
Plantes concernées
Cette technique est idéale pour les plantes vivaces herbacées à appareil aérien persistant ou à rosette qui ont tendance à s’étaler, comme les Origans, la Saponaire, les Serpolets, certains Thyms rampants, les Marguerites…
Dans un autre registre, mais en adoptant la même technique, on peut également venir séparer des œilletons ou rejets de pieds mère. C’est le cas pour les Artichauts, les Cardons, l’Estragon français…
5.
Le marcottage

Naturellement certaines plantes marcottent, comme la camomille romaine, ou produisent des stolons comme les fraisiers. Il est alors très facile de venir prendre ces jeunes plants et de les placer ailleurs dans le jardin.
Techniques de marcottage
Mais, il vous est également possible de forcer certaines plantes à marcotter. Pour ce faire, il faut venir placer la tige d’une vivace ou d’un arbuste au sol et la maintenir ainsi, à l’aide d’une pierre, d’une sardine de tente, tout simplement venir l’enterrer en partie, ou « enterrer » le pied mère à l’aide d’une butte… Certains placent les tiges dans un sac rempli de terreau, qui constitue une sorte de motte.

L’année suivante, la tige plaquée au sol aura normalement créée de nouvelles racines et vous pourrez alors venir déterrer la motte, couper la tige la reliant au pied mère et déplacer le nouveau sujet. L’avantage de cette technique est quelle ne nécessite pas beaucoup de soin !
Plantes concernées
Vous pourrez mettre en pratique cette méthode notamment avec les vivaces ligneuses : l’Hysope, les Sauges, les Verveines, les Figuiers, la Bruyère, le Romarin, les framboisiers…
Illustrations : Marie Bouyer
