
Différentes façons existent de multiplier les végétaux.
La graine est certainement le moyen le plus simple, le plus ancien et connu de tous. Elle permet d’avoir des plantes qui, après quelques générations, si vous prenez le temps de garder les semences, s’adaptent à leur environnement. C’est par cette méthode que les plantes annuelles et bisannuelles sont gardées.
La bouture est aussi une méthode connue. Utilisée pour les plantes dont les semences sont difficilement reproductibles ou pour obtenir des « clones » d’une vivace ou d’un arbuste. Vous l’aurez compris, contrairement à une plante issue de semis, celle ci sera identique à son pied mère.
Théoriquement, toutes les plantes ligneuses et herbacées peuvent se bouturer. Cependant, certaines s’y prêtent mieux que d’autres. A force d’expérimenter, chaque jardinier à ses petites astuces, à vous de trouver les vôtres.
Principes de base :
Périodes
Privilégier le début du printemps (pousses tendres) et/ou la fin de l’été, à partir du mois d’août (on parle de « bois aoûté », les tiges sont ligneuses, moins tendres qu’au printemps).
Substrats
Pour les vivaces, mélanger du terreau et du sable. N’hésitez pas à mettre autant de sable que de terreau pour les plantes de terrain sec (type : lavande, romarin, sauge…).
Pour les arbustes et petits fruits, vous pouvez mélanger de la terre du jardin avec du terreau.

Les hormones de bouturage
Elles ne sont pas nécessaires. Vous pouvez si vous le souhaitez faire une eau de saule, en coupant finement des petits bouts de branches de saule que vous ferez macérer dans l’eau de pluie. Attendre une semaine qu’une sorte de gel se forme à la surface. Avant de placer vos boutures dans le substrat, tremper les dans la solution. Cela peut leur donner un « coup de pouce ».
Matériel
Commencez par choisir un pot suffisamment profond, remplit de substrat non tassé.
Munissez vous d’un sécateur désinfecté et bien affûté, afin de faire une coupe nette. Évitez les ciseaux qui « écrasent » les tiges.
Vous aurez également besoin d’un bâton ou crayon, long et fin qui vous permettra de faire un prêt trou pour ne pas abîmer la bouture. Cette dernière devra être enterrée d’au moins 2/3 de sa hauteur. C’est à partir des yeux enterrés que les racines se feront.

Et enfin, d’un arrosoir avec pomme avec lequel vous viendrez arroser doucement les boutures. Inutile de trop arroser, deux passages au dessus du pot suffisent généralement. Placez éventuellement un sac plastique, que vous aurez préalablement troué à quelques endroits sur vos boutures, afin de garder une atmosphère humide. Mais cela ne marche pas à tous les coups, (notamment avec les plantes de terrain sec qui ne supportent pas l’ excès d’humidité). A vous d’expérimenter !
Pour les boutures d’arbustes, et notamment de petits fruits, vous pouvez éventuellement venir enterrer directement la bouture en pleine terre, à l’endroit choisi !
Stockage et durée
Placez vos boutures dans un endroit extérieur abrité, ou sous serre froide et sans soleil directe, à mi-ombre (sauf pour les boutures dans l’eau qui pourront rester en pleine lumière) afin d’éviter l’évapotranspiration. Ne soyez pas tenté par un arrosage de plus, cela s’avère souvent être fatal !
Il vous faudra être patient, une bouture peut mettre plusieurs mois avant de raciner. Compter pour des boutures de printemps environ 6 semaines et attendre le printemps pour rempoter des boutures faites en automne. N’hésitez pas à soulever les pots pour voir si des racines sortent. Si la boutures fait de nouvelles feuilles, c’est très bon signe !

Les différents types de boutures :
Profiter du moment où vous tailler pour faire des boutures ! Mieux vaut éviter que la plante soit en floraison, car elle concentre toute son énergie à la production de fleurs. Si c’est toutefois le cas, retirer les fleurs. Choisissez une belle tige, vigoureuse et en bonne santé.

Principe de choix de boutures à réaliser selon la morphologie de la plante.
6 techniques à tester
Bouture simple

Certainement la plus connue des boutures. Comptez trois nœuds au minimum (la bouture doit faire entre 10 et 15cm) et venir couper proprement la tige sous le dernier nœud, en prenant soin de ne pas l’abîmer. C’est à partir de lui que les racines vont se former. Ôtez toutes les feuilles, sans abîmer la tige, excepté les deux dernières du haut, qui si elles sont trop grandes, pourront être coupées en deux, afin d’éviter trop d’évapotranspiration.
Bouture à talon

La bouture à talon est très facile à réaliser, elle donne plutôt de bons résultats et ne nécessite pas forcément de sécateur. Choisissez une tige de la nouvelle année assez courte (environ 10-15cm) qui est issue d’un vieux bois et venir tirer vers soi la tige. L’objectif est qu’un morceau du vieux bois se détache (talon). Ôtez les feuilles sauf les deux dernières du bout avant de la mettre en terre.
Bouture en crossette

Ce type de bouture est un mixte entre la bouture simple et à talon. Choisissez une tige courte (comme la bouture à talon) issue d’un vieux bois et venir faire deux coupes sur le vieux bois, à 5 mm de chaque côté de la bouture. Puis mettre en terre.
Bouture « à l’horizontale »

Cette bouture fonctionne très bien, notamment pour les arbustes. Elle est à réaliser en pleine terre. Couper une tige (de 20 cm au moins) sous un nœud. Faites une petite tranchée en pleine terre de 10 cm de profondeur. Venir y placer la bouture à l’horizontale et recouvrir de terre. Seule doit dépasser l’extrémité de la tige, pourvue d’au moins deux feuilles. Arroser et attendre !
Bouture de feuille

Ce type de bouture fonctionne notamment pour les plantes grasses. Selon la nature des feuilles, il faudra venir seulement la poser sur un substrat humide, ou venir enfoncer la tige dans le substrat… A tester avec les Pelargonium, différents Sedum…
Bouture à l’eau
Une des boutures, sinon, la bouture la plus simple à réaliser ! Faites une bouture simple ou à l’horizontale et trempez là dans l’eau (éventuellement avec un peu d’eau de saule). Au bout d’un moment, des racines vont apparaître. Cependant, ce type de bouture est bien loin de fonctionner avec toutes les plantes ! Il s’agit souvent de plantes « gorgées d’eau », comme les Menthes, les Saules, les Polygonum…
Illustrations : Marie Bouyer
